Freitag, 15. November 2013

Les Colettes, Paris, 7 et 21 octobre 2013


Chronique de 2 concerts des Colettes en route pour la Gloire  Photos : Oliver Peel (L’Hôtel) - Hervé Dulongcourty (Les Trois Baudets) 
Textes : Philippe Ache 

Un set lounge en acoustique à l’Hôtel le 7 octobre Durée : 60 minutes environ 
Spectateurs : une cinquantaine 

En concert électrique Aux Trois Baudets le 21 octobre 
Durée : 50 minutes environ 
Spectateurs : une centaine 


Quand vous lirez ce compte-rendu, Les Colettes auront peut-être fait fondre Londres. Il ne leur restera plus alors qu’à mettre Amsterdam à genoux avant que de faire tomber le Zénith. 

En effet, je rédige ces quelques lignes, cinq jours après le set des Trois Baudets, quelques heures avant qu’elles n’assurent la 1ère partie Nick Cave à L'Hammersmith Appolo.

Il y a quelques mois, je me souviens avoir été surpris par les propos d’un blogueur qui semblait regretter le succès de Pauline De Lassus alias Mina Tindle (photo) Il la préférait chanteuse confidentielle chantant au sein de Toy Fight ou du groupe The Limes. La voyant accéder au succès, il avait un sentiment de perte. 

J’ai pour Les Colettes un sentiment contraire. Je suis impatient de les voir rencontrer le succès et de les écouter enfin dans une salle comme le Trianon où leur talent trouvera la reconnaissance qu’il mérite. 

En effet, comme Oliver Peel, j’ai eu un véritable « coup de foudre » musical pour Les Colettes et ceci depuis la session 374 du Cargo ou nos amies (alors accompagnées d’Imari) délivraient les premières versions de Tipsy Toes et de Kimberley.

  



Ce coup de foudre s’est confirmé à l’écoute de leur 1er EP. J’ai malheureusement loupé leur concert au Divan du Monde en janvier dernier et le regrette vivement, quand j’écoute Oliver Peel et Thomas Gueriguen en parler. 

Depuis j’ai eu la chance d’assister à leur Concert du 1bis en mars dernier et de le chroniquer avec enthousiasme. Mais ma première et brève rencontre avec Les Colettes remonte au show-case qu’elles ont donné en septembre dernier devant la boutique OCD. Cette rencontre fut sympathique et j’aime particulièrement la bonne entente qui semble régner au sein du groupe. Il n’est surtout pas question de copinage. J’espère juste donner l’envie au plus grand nombre d’entre vous de venir partager un des grands moments que constituent leurs prestations scéniques.

Sur leur site on peut lire : «Uniques, magiques, Les Colettes imposent sur scène un univers totalement personnel. Entre harmonies éthérées et guitare saturée, entre l'Irlande et le Japon, entre Robert Mitchum et David Lynch, ces trois musiciennes hors pair font entrer l'auditeur dans des atmosphères souvent oniriques, parfois menaçantes, toujours originales. » 

J’aime beaucoup cette définition car elle recoupe parfaitement les deux derniers concerts donnés par les Colettes. 


Le concert de l’Hôtel fut donné dans un lieu magique : l’hôtel où résidait Oscar Wilde lors de ses séjours à Paris. Un Hôtel sis dans le sixième arrondissement de Paris, où charme et glamour rivalisent. 

Un décor issu du siècle dernier, où nous fumes guidés par des serveurs en livrée à travers un couloir feutré, débouchant sur le restaurant de l’Hôtel, vaste pièce transformée pour un soir en salle de concert. Colonnes de marbres, plafonds moulurés, grands miroirs, luminaires nombreux délivrant un éclairage discret, fauteuils crapauds en velours et vastes canapés recouverts de tissus finement rayé, tout est fait ici pour délivrer une impression de luxe. 

Mais le vrai luxe de cette soirée est incarné par nos trois muses qui incarnent parfaitement le slogan de la soirée : « Venez chics » ! 

Ceci état, nous ne sommes pas à un concert des « Frangeticines » et c’est bien la musique qui est au cœur de la soirée. 

Dès que Diane entonne les premières notes de Clearwater, il est clair que la soirée va être exceptionnelle. Cela sera d’ailleurs confirmé par la prestation des Trois Baudets, depuis le 1Bis, Diane a gagné en amplitude et son chant, plus sûr est totalement envoûtant. 

Si cette soirée n’est pas celle des guitares saturées, elle est bien celle des harmonies éthérées, d’une atmosphère onirique, originale, voluptueuse, ensorcelante. 

Suivent deux versions exceptionnelles d’Edelweiss et de Night’Joke qui donnent la part belle à Diane, qui une nouvelle fois, nous donne à entendre des notes qui ne sont pas sur les EP, mais qui reposent également beaucoup sur les talents d’instrumentistes d’Anne et de Delphine. Désormais les Colettes transcendent leurs EP. Anne fait également preuve d’un joli brin de voix sur Edelweiss et on se prend à rêver d’un morceau qu’elle chanterait seule ou en lead-vocal. 

Pour le morceau suivant, Dark Spirit, Delphine délaisse pour un temps sa guitare électrique et se saisit d’une guitare acoustique. Pari réussi, on espère retrouver cet inédit (découvert lors de leur show-case devant l’OCD) sur leur prochain EP. 

Puis la soirée s’emballe avec les cinq classiques que sont Kimberley, Pearl, Tipsy Toes, Clock et surtout Five Doors. Près de trois semaines après la soirée, il m’est difficile de la reconstituer dans le détail, mais j’ai le souvenir d’un groupe homogène, délivrant un concert sans temps mort et en harmonie totale avec lieu dans lequel le set était délivré. 

Comment nos amies ont-elles réussi à combiner le cadre feutré de l’Hôtel au caractère explosif de Five Doors ? C’est un mystère. Les Colettes de définissent elles-mêmes comme magiciennes ; c’est peut-être là l’explication. 

Vient ensuite le temps du savoureux Walking, suivi de I am a bird, qui ne vit personne siffler Les Colettes, malgré le clin d’œil fait au public.


Le concert se conclut alors par un moment d’anthologie. Si Les Colettes ont coutume de finir leurs concerts par la reprise de Bei Mir Bist Du Schön (Mei Mir Bistu Schein), la version qui en est donnée ce soir-là est mémorable. 



On y voit Diane passer de table en table, telle une réincarnation de Marlène Dietrich, avant que de se jeter aux pieds d’un public époustouflé. 

Je ne détaillerai pas le Concert des Trois Baudets. La liste des morceaux joués figurent en bas de compte-rendu. A une exception près, les morceaux y sont à peu près les mêmes que ceux de l’Hôtel, l’ordre en étant sensiblement modifié. 


Ce concert est en revanche très différent du précédent. Certes tous les « ingrédients » de la musique des Colettes sont bien là avec notamment des harmonies nuancées et une atmosphère féminine. Mais ce concert-ci est également celui des guitares saturées et des climats parfois menaçants : un concert à la fois subtil et puissant. 

Ce set est donné par trois rockeuses « racées » (désolé pour l’inélégance du terme) qui ne se déparent jamais de leur classe. «Too much class for ne neighbourhood!» 


L’éclairage des Trois Baudets se marie à la perfection au ton souhaité (dynamique à souhait), mais c’est surtout François Gouverneur qu’il convient de saluer. 

Ce dernier, auteur du son de la soirée permet à la guitare de Delphine et à la basse d’Anne de donner leur maximum sans que la voix de Diane n’en souffre à aucun moment. 

La soirée passe à une vitesse incroyable. 

Très différentes sur la forme, chacune des deux prestations restera pour moi un moment de bonheur. 

 J’ai cependant une légère préférence pour le set des Trois Baudets. Alliant subtilité, charme, mais surtout «Power-Rock » les Colettes ont désormais tout pour conquérir les fans de Nick Cave…et les autres. 

God save Les Colettes ! 

Set list du concert du 7 octobre 2013 à l’Hôtel : 

Clearwater 
Edelweiss 
Night’Joke 
Dark Spirit 
Kimberley 
Pearl 
Tipsy Toes 
Clock 
Five Doors 
Walking 
I am a bird 
Bei Mir Bust Du Schön

Set list du concert du 21 octobre 2013 aux Trois Baudets : 

Clearwaters 
Edelweiss 
I am a bird 
Night’Joke 
Kimberley 
Pearl 
Clock 
Five Doors 
Tipsy Toes 
Walking 
Bei MirBist Du Schön

Dates de la tournée des Colettes avec Nick Cave:

17.11.2013: Music Hall, Amsterdam
18.11.2013: Lotto Arena, Antwerpen
19.11.2013: Zenith, Paris




0 Kommentare :

 

Konzerttagebuch © 2010

Blogger Templates by Splashy Templates