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Donnerstag, 26. September 2019

Wilco, Paris, 22.09

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Concert: Wilco

Lieu: Le Trianon

Date: 22.09
Durée: 2 heures
Spectateurs: environ 1000
Relecture du texte par Frank Godgiven (merci beaucoup!)







Ça faisait sept ans que je n'avais pas vu Wilco. La dernière fois, c'était le 6 mars 2012 dans un Grand Rex assis, un concert un peu spécial vu qu'il y avait eu une dispute entre une partie du public des trois premiers rangs qui voulait être debout et les vigiles de la salle. Depuis, Wilco est revenu une fois dans la ville lumière, c'était le 16 novembre 2016 au Casino de Paris, mais j'avais raté cette occasion. Hier donc j’ai eu la grande chance de revoir Wilco et cette fois-ci j'étais bien présent. Avec ving minutes de retard, d'accord, mais je venais d'un concert en appartement à Fontenay-aux-Roses, (assez loin donc) et le RER était coincé 15 minutes à Châtelet. 






Ma première chanson du soir était donc « Handshake Drugs ». Pas forcément un de mes favoris, mais je me suis dit que si je tombais tout de suite sur un vieux titre, j'allais connaitre pas mal de chansons du set, Les chansons que je ne connaissais pas encore ont été jouées avant, du moins une partie d’entre elles. « Bright Leaves, Before Us, One And A Half Stars », trois nouveautés de l'album à sortir début octobre, nommé « Ode To Joy ». Puis sinon avec « If I Ever Was A Child » le seul morceau de l'album précédent « Schmilco » et deux classiques: « War On War » et « I Am Trying to Break Your Heart », les deux venant de « Yankee Hotel Foxtrot ». Un album qui est souvent considéré comme leur meilleur. Pour ma part je suis aussi grand fan de l'album « A Ghost Is Born ». Quand il est sorti en 2004 il tournait chez moi en boucle et « Hummingbird », une des perles de cet opus, était mon premier moment très fort de ce concert, même s'il manquait le superbe violon qu'on entend dans la version studio. 

Il faisait chaud au Trianon et la salle était bien pleine, mais j'ai quand même réussi a voir Jeff Tweedy depuis ma place un peu cachée derrière un pilier sur le côté, et le son me paraissait également très correct, pas trop fort et pas trop bas. 



Le jeu de guitare virtuose de Nels Cline a été une fois de plus riffs sont si tranchants, si précis, si noise, mais en même temps mélodieux. Bref, c'est un génie. Je me concentrais sur lui et sur Tweedy, même si les quatre autres musiciens jouaient parfaitement bien aussi. 



Tweedy portait tout le temps son bonnet noir, malgré la chaleur. Je ne sais pas comment il a supporté ça, mais il paraissait en forme, il a été vocalement impeccable et était d'assez bonne humeur, riant souvent. En revanche, il ne parlait pas beaucoup entre les chansons, je l'avais déjà vu plus bavard. En général, il commente toujours un peu les actualités politiques, fait des petites remarques, mais pas ce soir. 



Mais la qualité de la musique parlait pour elle seule. Les temps forts du milieu du set : la ballade sentimentale « How To Fight Loneliness, Reservations » et bien sûr « Impossible Germany », le grand favori du public. Le titre commençait lentement mais au final, c'était vraiment le grand spectacle de Nels Cline, qui faisait hurler (mélodiquement) sa guitare pendant de longues minutes, jouant à la perfection des soli époustouflants. Ce qui n'était pas tout à fait du goût d'Isabelle, qui m'accompagnait ce soir. Comme elle est jeune, ça devait sonner un peu vieux jeu pour ses oreilles. Comme je ne suis plus très jeune (pour ne pas dire vieux !), ça sonnait parfaitement bien pour moi. Parfois je pensais même un peu à Dire Straits et Mark Knopfler mais je crois cette association est plutôt mal vu chez les fans de Wilco, c'est pour ça que je me permets cette petite remarque seulement ici sur mon blog. 



Autre très grand classique dans le set: « Jesus, Etc ». Quasiment pour la première fois le public reprenait une partie des paroles en chœur : "Jesus, don't cry, you can rely on me honey, you can combine anything you want. I'll be around, you were right about the stars, each one is a setting sun." N'oublions quand même pas que ce n’était pas une tournée "best of", mais plutôt la présentation du nouvel album « Ode Of Joy » (le onzième) : de ce dernier disque, ils ont finalement joués huit morceaux. Difficile pour moi de juger de leurs qualités : une seule écoute en live ne me suffit définitivement pas, même si je peux déjà dire que j'étais plutôt séduit par la plupart de ses nouveaux titres. Et pour « Everyone Hides » existait déjà un clip que l'on peut déguster sur Youtube. Une chanson rapide, presque dansante, avec une ambiance positive, mais tout de même un peu de mélancolie.



Dans l'ensemble, je n’ai pas non plus remarqué de changement radical de leur style : Wilco fait toujours du Wilco et c'est bien comme ça. Pourquoi changer quelque chose dans leur formule, ce mix raffiné entre classic rock et noise rock ? Style d'ailleurs parfaitement illustré par le tout dernier morceau du concert, « Misunderstood », et ces passages free jazz et noise avec une batterie qui explose par moment, juste pour revenir ensuite sur un rythme beaucoup plus conventionnel. Après « Misunderstood » le groupe quittait une première fois la scène, avant de revenir pour trois morceaux. 



Le premier était un nouveau, appelé « An Empty Corner ». Tweedy expliquait que ça parlait de la "cocaïne sur une coffee machine", proposée à Jeff par le patron d'un liquor store pour que ses employés tiennent le coup. Une histoire qu'il a rêvée, mais qui lui a donné envie de prendre de la cocaïne au réveil. Tweedy ajouta en souriant qu'il ne devrait peut-être pas présenter le titre comme ça. Après cela, on a eu droit à un titre de l'album « Mermaid Avenue » (de 1998) que Wilco avait alors réalisé avec le britannique Billy Bragg : un disque basé sur les paroles du protest Woody Guthrie (1912-1967). Le titre en question fut « California Stars », chanson très folk, mélodieuse et entêtante, pendant laquelle tous les membres du groupe chantaient le refrain ensemble. Avec « The Late Greats Wilco » se termina un excellent concert de deux heures. Il ne fallait pas le rater, ce fut vraiment immanquable !

Setlist:

Bright Leaves

Before Us

I Am Trying To Break Your Heart
War On War
One and a Half Stars
If I Ever Was A Child
Handshake Drugs
Hummingbird
White Wooden Cross
Via Chico
How To Fight Loneliness
Bull Black Nova
Random Name Generator
Reservations
Love Is Everywhere (beware)
Impossible Germany
Box Full Of Letters
Everyone Hides
Jesus, Etc.
Theologians

I'm The Man Who Loves You

Home Me Anway

Misunderstood


An Empty Corner
California Stars (de l'album Mermaid Avenue)

The Late Greats




Sonntag, 14. Mai 2017

Alice et Moi, Uto, Paris, 27.04.17

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Concert: Alice et Moi, Uto

Lieu: Le Pop-up du Label
Date: 27/4/2017
Spectateurs: environ 80-100


Je me souviens d'une belle soirée dans le cadre des "femmes s'en mêlent" chez Madame Arthur le premier avril 2016. Les Inrocks Lab avaient carte blanche et ils ont invité Mathilde Fernandez, Clara Luciani et... Alice Vanor ! Alice avait joué tout au début et comme je suis toujours en retard j'avais raté cette (sûrement belle) prestation. Le reste du programme a été sublime, mais en rentrant chez moi j'avais quand même un regret. Et si je suis passé à côte de quelque chose de magnifique en ratant Alice ? Je me suis dit que j'irais la voir dès q'une nouvelle occasion se présenterait. 


Et un peu par hasard et sans le savoir je suis tombé quasiment un ans plus tard sur mademoiselle Vanor, mais maintenant sous un autre nom de projet: Alice et moi. C'était début février 2017 au Supersonic. J'y suis allé principalement parce que je voulais voir Céline Tolosa avec qui je travaille, mais les autres groupes, les talentueux Mist Canyon et donc Alice et moi m'avaient séduit aussi. Alice avait son fan club avec elle, l'ambiance a été très bonne. 


Le 27 avril 2017 Alice et moi rejouaient au Pop-Up du Label. L'occasion d'entrer encore un peu plus profondément dans l'univers sensuel, chic et élégant de ce projet de pop électro rêveuse d'une fille et deux garçons. Et on doit désormais vraiment parler d'un groupe parce que Alice travaille avec son guitariste Ivan et son réalisateur JB depuis un moment, puis il y a Adrien qui complète le line up sur scène. Certainement aussi pour cela le changement du nom du projet. C'est pas Alice toute seule, non c'est Alice et moi (moi pourrait être Ivan dans ce cas).



Et comme au Supersonic les fans et amis d'Alice répondaient présents au Pop-up, il y avait même son père, ancien musicien punk, très fière de sa fille. 

Juste avant la montée sur scene Alice avait fait un tour dans le public et elle a peint un oeil sur les mains de ses disciples, un symbole qu'elle utilise depuis un moment. A un moment du concert tout le monde a levé sa main avec le dessin et cela a crée un lien fort entre les artistes et le public.




C'était un concert très frais, charmant et dynamique et les petits problèmes de son nous gâchaient pas la soirée. Tout le monde a pris ces petites pannes avec un sourire et il y avaient des gens devant qui dansaient sur chaque morceau. C'était vraiment la fête, normal, car les mélodies et les rythmes du quatuor sur scène étaient tout simplement irrésistibles, puis il y avait le sourire désarmant de Alice aussi. 


Un morceau entêtant et tubesque ("Eoliennes" ("regarder au loin des éoliennes et rêver"), "Il y a", "Filme moi"...) après l'autre, l'EP que le groupe prépare promet de très belles choses. Sur internet on peut déjà dévouvrir le clip de Cent Fois avec son refrain accrocheur ("ahahahaha, aime moi, laisse moi, ahahahaha aime moi cent fois") et sous l'ancien nom Alice Vanor il existe une video de Jeux Savants ou Alice échange des baisers (déjà dans Cent Fois il y avait plein de baisers entre des couples différents) avec une fille lors d'une fête foraine. 


Un peu frustrant pour ses admirateurs masculins peut-être, mais je ne sais pas si c'est de la fiction ou autobiographique. Le mystère reste intact, on ne va pas creuser plus loin. Par contre on (moi en tout cas) va suivre le parcours de ce projet passionnant de près et il y a des fortes chances que ces 3 jeunes musiciens vont cartonner dans pas très longtemps !

Avant Alice et Moi on a pu découvrir un autre projet intéressant: Uto, un duo mixte français (Emile et Neysa) jouant un séduisant mélange de dream pop et de triphop chanté en anglais.


Il s'agissait du tout premier concert d'Uto, mais le couple sur scène (et dans la vie) paraissait déjà remarquablement rodé et pro. Pas si étonnant que cela si on connait le parcours d'Emile, le pianiste. Venant du jazz  il a eu un coup de cœur pour Radiohead et Grizzly Bear lors de sa jeunesse, puis il a été un des membres de la formation Saint Michel. Il était également bassiste de Singtank et Part Time Friends avant de se concentrer sur ces deux projets actuels: Albe et bien sûr Uto.




Neysa chantait dans un petit groupe au lycée, mais Uto est son premier vrai projet, qu'elle a commencé après avoir obtenu son Master de Littérature. C'est logiquement elle qui écrit les textes pour Uto aussi, et comme son père est anglais, écrire dans la langue de Shakespeare ne lui pose pas trop de problèmes.

Epatant son chant: elle a une voix très rêveuse et éthérée, rappelant parfois Björk, mais aussi Beth Gibbons de Portishead, on avait du mal à croire qu'il s'agissait d'un projet de Paris et pas de Reykjavik ou Bristol !


Le style du groupe était assez sombre, parfois même un peu gothique, mais jamais dépressif. Sur leur soundcloud on peut écouter le sublime morceau True Love Leaves No Traces qu'ils ont aussi joué au Pop-up ce soir là. Une ballade au piano très glamour et élégante, qui me faisait presque un peu penser à Marissa Nadler ou Mazzy Star.


Scèniquement chacun jouait de son côté, il n'y avait pas d'interaction, mais c'était pas regrettable, au contraire, comme la musique avait un côté glacial cette distance collait bien avec le style.


Puis Neysa a prouvé aussi son talent pour la mise en scène, parfois elle chantait agenouillée, le regard dans le vide, une sorte de Nico brune.

On va revoir Uto, leur premier live a été très prometteur.




Samstag, 17. September 2016

Aloha Aloha, Céline Tolosa, 7 et 8.09.16

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Concerts: Aloha Aloha et Céline Tolosa
Lieu: Le Supersonic pour Aloha Aloha et Le Café de la Presse pour Céline
Date: Le 7 septembre et le 8 septembre




En ce début de septembre il n'y a pas encore les grands noms internationaux qui se produisent à Paris. La rentrée se fait lentement de ce côté là, mais la scène locale bouge déjà pas mal. Un peu partout des artistes de Paris jouent dans les petites salles  de la jolie capitale.

La semaine dernière j'ai profité de l'occasion pour voir Aloha Aloha au Supersonic, puis Celine Tolosa au Café de La Presse. Deux concerts gratuits en plus, même si je suis pas forcément un grand fan des concerts gratos parce que cela dévalorise un peu les artistes et une entrée de 5 Euro a souvent comme résultat que le public est plus attentif et parle moins.


Le 7 septembre donc Aloha Aloha au Supersonic, l'ancien OPA Bastille. La nouvelle équipe du lieu a beaucoup amélioré la programmation et les conditions techniques, mais le grand problème reste le public souvent trop bavard et bruyant. 


On pourrait donc paradoxalement dire qu'il n'y avait heureusement pas encore beaucoup de monde pour le concert de Yann Giraud, entouré de son claviériste Victor Pavy et de temps en temps aussi par Marie Eskimo (qui a son propre beau projet solo nommé Eskimo). Je connais Yann depuis un bon moment, c'est un fanatique de musique, un grand connaisseur, puis un bon musicien aussi, même s'il a un vrai boulot hors de la musique. Il avait d'abord un autre projet nommé Porco Rosso, mais depuis 1 ou 2 ans maintenant il s'est relancé sous le pseudonyme Aloha Aloha, ce qui sonne très bien, parce qu'on pense directement à Hawaii, au soleil, a la farniente etc.,  on a donc des associations très positifs.


Le nom est bien choisi parce que Aloha Aloha fait de la power pop mélodique, ensoleillé, mais aussi un brin mélancolique. Sa musique et un résultat des influences français comme p.ex. Jean Louis Murat, Dominique A ou le projet pas très connu mais génial De La Jolie Musique (dont Marie Eskimo faisait partie), puis des groupes internationaux comme les Shins, Sparklehorse ou Wilco (période "Yankee Hotel Foxtrott"). Tous ces influences sont quelque part présent dans ses chansons, mais Yann a trouvé son propre style avec sa voix un peu cassée et haute perchée et ses textes parfois drôles, parfois tristes.

Ce soir du 7 septembre il jouait son premier album Mostla Tapes quasiment en intégralité, mais aussi une reprise française d'un titre anglais, une reprise de Sparklehorse et un titre de Porco Rosso. C'était beau, sincère et authentique et Marie Eskimo sublimait le son par sa belle voix qui harmonisait bien avec celle de Yann. Pour ceux qui connaissent pas encore Aloha Aloha je conseille donc l'album, puis d'aller à ses concerts (qui sont malheureusement un peu rares). C'est un artiste sincère, appartenant à aucune scène, doté d'un grand talent de mélodiste.


Setlist:

Rome
La Fin du Monde
Histoire de la Meléncholie
Achères Ville
Rien Que du Ciel Bleu
Le Futur
L'Ordre des Choses
La Croix du Calvaire (reprise en français du titre anglais The Calvary Cross de Richard Thompson)
Sad & Beautiful World (Mark Linkous)


Un jour plus tard c'était au tour de Céline Tolosa de présenter les titres de son premier EP Cover Girl (de mai 2015), puis des nouveautés plus électro et dansantes d'un EP à venir dans le cadre de La Nuit Française au Café de la Presse. Pour l'occasion la salle près de Bastille avait mis une grande table avec un large choix des fromages, servi par une fille au look typiquement français (c'est quoi un look typiquement français?, bonne question, elle portait une chemise marinière et un foulard rouge).


Comme d'habitude le Café de la Presse était très bien rempli, mais comme il faisait toujours chaud et beau dehors, pas mal des gens restaient assis sur la terrasse pour boire un verre et prendre de l'air. Mais l'air fraiche venait aussi et surtout de Céline et de son excellent guitariste Dino avec qui elle compose la plupart des morceaux. Ceux qui connaissent un peu la musique de Céline sont familier avec des tubes accrocheurs comme Cover Girl, Fais Moi Souffrir ou Tu Es Fantastique (chanson au charme rétro 60 ies imparable), mais Céline a composé récemment de nouveaux titres excellents comme l'entêtant Anita ("Anita, oh là là"), le très disco/new wave Qui Je Suis ou la perle électro pop Vendredi Soir



On voyait bien le progrès que l'artiste a fait, à la base une chanteuse de la chanson française assez classique (influencé par Françoise Hardy et Gainsbourg), elle se dirige désormais vers une french pop synthétique dans la tradition d'Etienne Daho ou Elli et Jacno. C'est frais, c'est sensuelle, doux et très classe et avec Dino Céline dispose d'un guitariste hors paire qui a déjà accompagné des artistes connus dans des salles mythiques comme l'Olympia.


Céline et Dino travaillent actuellement sur leur deuxième EP et ils faut les suivre de près, je vois un beau potentiel pour eux, ils peuvent aller loin cartonner en 2017!

Liens:

Le site de Aloha Aloha:

https://alohaalohamusic.wordpress.com/ 

Le soundcloud de Céline Tolosa :

https://soundcloud.com/celinetolosa







Samstag, 20. September 2014

Hannah Epperson, Paris, 17.09.14

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Concert Hannah Epperson
Date: 16.09.2014
Lieu: Le Pop Up du Label, Paris
Durée du concert: une heure
Spectateurs: environ 40


Toujours se promener loin des sentier battus, voici ma philosophie. On découvre pas (ou très rarement) les talents de demain à la Cigale ou à l'Olympia. Même pas vraiment à la Maroquinerie ou au Nouveau Casino. Il faut aller dans des endroits encore plus petit que cela, au Pop In par exemple, à L'Olympic Café, à L'Espace B, au Chinois à Montreuil, à L'International ou au Môtel. Dans ces endroits là les conditions techniques sont souvent loin d'être idéal, mais on peut découvrir des artistes émergents, souvent sans label, promoteur ou producteur. 

Juste récemment j'ai découvert ainsi Bird Courage pour moi (au Pop In), mais aussi tellement d'autres avant.


Ce mercredi 17 septembre même l' Espace B (ou il y avait Christian Bland) ou La Plage de Glazart (Ou il y avait Blouse et Juan Wauters) n'était pas assez exotique pour moi, je suis allé plus loin dans la recherche des talents de demain et je me suis retrouvé au Pop Up Du Label qui a eu l'excellente idée de programmer la très talentueuse violoniste Hannah Epperson. La jeune canadienne avait déjà joué dans des endroits particuliers avant. Le lundi elle se produisait dans une petite salle charmante de L'Eglise américaine de Paris (avec vue sur les belles vitraux), mardi chez mes amis Anne et David qui ont inventé les soirées Break Art Mix dans leur très joli appartement du 6ème arrondissement.


Le concert au Pop Up était la dernière de ces trois dates consécutives à Paris et la fille blonde aux yeux bleues souffrait déjà de la fatigue, trainant une petite grippe avec elle qu'elle soignait avec du thé au miel et... un verre de whiskey (pour sa voix) ! Réclamé par ses fans en plus ! ("allez prends un whikey!")


Mais cela n'avait pas vraiment un impact sur sa prestation qui s'avérait comme absolument remarquable. Devant peut-être 40 personnes sagement assis sur des petits tonneaux elle donnait un concert plein de grâce, d'élégance, et de virtuosité. Travaillent seulement avec son violon, ses boucles et sa voix cristalline (rappelant avec cette formule le grand Owen Pallett) elle produisait une ambiance rêveuse, que personne n'osait gêner. Rarement le public a été aussi clame et respectueux comme hier, c'était vraiment remarquable.



Bonnes conditions donc pour une artiste qui méritait vraiment du calme et de l'attention totale tellement son jeu était subtil, fin et nuancé. Il y avait de longues passages instrumentaux ou elle utilisait tous les techniques possible de jouer le violon (frotter les cordes avec un archet, pincer avec les doigts, taper avec les mains sur les cordes et le bois), puis des phases ou elle chantait (merveilleusement bien). C'était un régale, l'occasion de lâcher prise et se laisser glisser lentement sous le divin son du violon de Hannah.

La canadienne jouait un mélange de vieilles et de nouvelles chansons, qu'on ne peut malheureusement pas (encore)  écouter  sur son soundcloud, il faut attendre la sortie d'un nouvel album dans quelques mois. 

Une des perles du show était le morceau "Shadowless", pour lequel il existe un joli clip vidéo (et c'est le seul titre disponible sur soundcloud d'ailleurs).


Pas grand chose à acquérir après malheureusement. Pour l'instant il y avait seulement un 45 tours à acheter sur place, qui était vendu sur le principe: "give what you want." Elle expliquait avec un grand sourire que la vente de ce vinyle pouvait l'aider à payer l'essence pour son voyage en Europe puis son retour au Canada et j'espère pour elle qu'elle n'a pas perdu trop d'argent lors de ce trip, parce que ces gains étaient certainement très faibles par rapport aux coûts de voyage.

Espérons pour elle qu'elle revienne la prochaine fois avec l'aide d'un bon tourneur pour jouer dans une belle salle qui équivaut son talent. Pourquoi pas la Maroquinerie ou Le Café de la Danse ? Mais Le Pop Up Du Label a montré que c'est possible d'organiser un concert calme sous de bonnes conditions là-bas, félicitations à l'équipe du lieu !

à la prochaine Hannah Epperson !




Mittwoch, 3. September 2014

Rock en Seine, troisième jour, Paris, 24.08.14

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Rock en Seine, troisième jour, 24.08.2014


Le troisième jour à Rock en Seine était le seul ou il n'y avait pas une seule goutte de pluie, il restait sec durant toute la journée.


Blood Red Shoes


Je suis le chemin de ce (toujours) jeune duo explosif de Brighton depuis quelques années maintenant et je les avais vus plein de fois. Par contre mon dernier concert de Blood Red Shoes remonte à 2010. Depuis ils ont continué de jouer énormément de festivals, publié de nouveaux albums et leur show est désormais ultra bien huilé. Heureusement c'est n'est toujours pas devenu trop lisse, ils n'ont pas du tout abandonné leur son brut, direct et abrasif. Bien sûr j'étais très content d'entendre leur vieux tube "I Wish I Was Someone Better" qu'ils ont joué très tôt dans le set (en deuxième position), mais les nouveautés m'ont également plu. 



Blood Red Shoes est un groupe qui n'invente rien et oscille toujours entre le grunge rock de Nirvana et le blues rock de Queens Of The Stone Age, mais qui charme pas sa fraicheur, sa simplicité et authenticité. On sent qu'ils s' amusent toujours comme des gamins et qu'ils n'ont pas du tout envie d'apprendre un "vrai métier " Steven Ansell comme employé de banque? Improbable ! Laura -Mary Carter vendeuse de fringue ? Never ! Ces deux là vivent leur rêve de rock star, et même s'ils vont probablement jamais atteindre le statut de tête d'affiche à Rock en Seine ils ont prouvé qu'ils sont le groupe idéal pour faire vibrer une grande scène tôt l'après -midi. C'était dynamique, rafraichissant et bien sympa. Un très bon début pour cette longue dernière journée.

Setlist

01: Welcome Home
02: I Wish I Was Someone Better
03: Don't Ask
04: Red River
05: Speech Coma
06: Cold
07: The Perfect Mess
08: This Is Not For You
09: Black Distractions
10: An Animal
11: Light It Up
12: Je Me Perds

Cloud Nothings:

Un autre groupe grunge rock juste après le Blood Red Shoes, c'était trop de bruit pour un tendre comme moi. J'ai regarde deux morceaux ("Pattern Walks" et "Stay Useless") du groupe de Dylan Baldi, après je me suis dépêché de courir vers la scène Pression live pour plus de douceur avec To Kill A Young qui jouaient en même temps.

Setlist:

01: Pattern Walks
02: Stay Useless
03: Psychic Trauma
04: Separation
05: Fall In
06: No Thoughts
07: I'm Not Part Of Me
08: Wasted Days

To Kill A King


Un groupe de Leeds (empruntant leur nom d'une scène dans Hamlet) qui avait pourtant très peu de choses a voir avec les formations cultes de cette ville, Gang Of Four, Kaiser Chiefs ou iliketrains. Chez eux c'était plutôt du folk pop à la Mumford and Sons, un style qui était ultra en vogue en 2011, mais qui connait un assez net déclin depuis. Peut être les jeunes gens se lassent déjà du revival folk dans le style des Fleet Foxes, Bon Iver, etc. et veulent de nouveau des groupes qui font plus de bruit. Moi personnellement je vais jamais me lasser de belles harmonies vocales et des chansons intemporelles que peuvent produire les bons groupes folks. Et To Kill A King m'ont également charmé avec ces qualités là. Leur chanteur Ralph Pelleymounter était très bavard et attachant (presque un brin trop jovial) et affichait un grand sourire tout au long de ce concert ensoleillé, plaisant et ludique.

Les morceaux venaient du premier album "Carnivals With Cutlery" et après cette prestation réussie qui a été énormément appréciée par le public parisien j'ai vraiment envie de me le procurer !

Belle découverte !

Petit Fantôme


Belle découverte aussi dans le cas des français Petit Fantôme, même si j'avais déjà lu leur nom dans la presse spécialisée (les Inrocks avaient donné 5/5 pour leur premier EP, téléchargeable gratuitement sur le net) depuis un moment et je savais qu'ils ont joué au Pitchfork Festival en 2013 et au Point Ephémère début 2014.

Il s'agit en fait du projet de Pierre Loustaunau, membre de François and The Atlas Mountains et François même joue également dans Petit Fantôme, tout comme l'excellent batteur Jean Thévenin.

Un groupe qu'on pourrait qualifier de pop psychédélique, mais qui est finalement difficile a mettre dans une case. Il y a juste trop de styles qui se mélangent chez eux. Il y des éléments du french new wave revival, de la pop électro, de le dream pop et du kraut rock.  C'était très coloré en tout cas, riche musicalement et mélodiquement très séduisant. Puis il y avait de petits détails comme une trompette qui faisaient aussi le charme de ce groupe surprenant qui peut certainement aller loin.

Leur morceaux étaient catchy et directs sans être trop plats ou formatés pour les radios mainstream, chez eux il reste toujours de la place pour des expérimentations sonores. En live ils peuvent encore progresser, mais j'étais déjà impressionné par leur savoir-faire technique et de leur talent de composition. On va les revoir !

Warpaint

J'avais des grandes attentes pour ce concert des quatre musiciennes de Los Angeles qui jouent sous le nom de Warpaint. Pourtant les filles signées sur le prestigieux label Rough Trade ne m'avaient jamais encore 100 % convaincu avant. Je les avais vues au Festival des Inrocks à la Cigale, au Haldern Pop Festival en Allemagne au End Of The Road Festival en Angleterre en 2013, et a chaque fois il manquait quelque chose pour parler d'un grand concert. C'était toujours plaisant, le son cold wave bien séduisant, mais jamais renversant. Mais pour cette fois-ci à Paris j'étais très optimiste de vivre quelque chose d'exceptionnel, parc que mon ami blogger Christoph ne cessait pas de parler d'une manière élogieuse de tous les concerts qu'il avait vu d'elles ces dernières semaines et mois.

Mais hélas! Après 3 morceaux seulement c'était déjà évident qu'une nouvelle fois le grand concert attendu n'aura pas lieu. Comme souvent les filles restaient loin derrière, montraient aucune expression de visage, ne jouaient pas vraiment libérée  et communiquaient nullement avec le public. Chacune d'elles jouait dans son coin, la timidité et nervosité était palpables.

C'est certainement pour cela que Emily Kokal, une de deux chanteuses a dit: "I feel a litte bit shy, we all should maybe dance a litlle more." Et après ce moment il y en effet eu une amélioration de la prestation scénique à observer. Les musiciennes communiquaient plus entre elles, bougeaient mieux et affichaient même de temps un temps un petit sourire timide (surtout Théresa Wayman qui commençait à prendre plaisir à 'être là)

Avec "Love Is To Die" elles interprétaient aussi leur meilleur titre jusqu'alors. Chant doux et enchanteur (un peu comme les Au Revoir Simone), guitares mélodramatiques, batterie subtile, ce titre avait tout pour plaire.

La deuxième moitié de ce concert assez court était donc nettement mieux que la première, mais malgré les améliorations scéniques Warpaint avaient du mal à se libérer complètement. Elles restaient quand même souvent dans leur bulle, évaluaient dans leur propre monde rêveur et regardaient plus leur batteuse que le public. Il fallait attendre le dernier titre "Elephants", une chanson de leur premier EP de 2009, avant que le quatuor oublie tous ces blocages et joue vraiment avec enthousiasme et passion. Enfin elles exploitaient à fonds leur grand potentiel, enfin le courant passait et enfin il y avait une vraie bonne ambiance dans le public. Le morceau durait très longtemps, presque 10 minutes de sueur, d'emphase et de frénésie, c'était absolument spectaculaire et j'aurais souhaité un concert aussi passionnant dès le début. 

Warpaint vont se produire le 24 novembre au Trianon, on va voir si elles seront enfin capables de me faire vibrer durant tout un concert.

Setlist

01: Keep It Healthy
02: Bees
03: Undertow
04: Love Is To Die
05: Disco/Very
06: No Way Out
07: Elephants

Brody Dalle


Tout le monde connait les Queens Of The Stone Age et leur charismatique chanteur Josh Homme, moins de gens connaissent son épouse Brody Dalle qui menait avant le groupe The Distillers.

Tout comme Josh, Brody n'est pas du genre ballade romantique à la Coldplay, chez elle c'est l'énergie brute, le rock abrasif, la rage et la violence. La chanteuse blonde et très tatouée chantait a plein poumons et se montrait aussi agressive sur scène qu'une Courtney Love ou une Beth Ditto. Pourtant les chansons sonnaient agréablement mélodieuses, malgré leur style plutôt punk rock il y avait aussi un côte pop bien sympa. On ne s'ennuyait pas une seule seconde, donc, et le concert est passé super vite, preuve qu'il n'y avait pas de temps morts.

Une très bonne prestation qui a mis quasiment tout le monde d'accord. Les réactions étaient très positives après.

Thurston Moore:

Bien que classé aussi punk, la musique de Thurston Moore était beaucoup plus expérimentale et moins directe que celle de Brody. Chez le leader de Sonic Youth il y avait systématiquement de longues phases instrumentales ou lui, ses deux musiciennes et l'excellent batteur Steve Shelley s'amusaient à maltraiter leurs instruments et à pratiquer parfois même une sorte de free jazz. C'était un concert pour des fans de Thurston qui suivent l'éternel adolescent partout. Le grand public n'était pas très présent, certains ne savaient même pas que Thurston Moore est dans Sonic Youth.


Lana Del Rey


On peut souvent lire que Lana Del Rey chante ultra faux et que c'est juste un produit marketing d'un manger mégalo. Le club de haters est aussi grand que le club de fans. Mais moi je ne peux pas confirmer qu'elle chante faux. Je l'ai vu une fois au concert (Canal +, "album de la semaine") et là sa voix fonctionnait à merveille, elle interprétait brillamment ses tubes "Blue Jeans" ou "Videogames".
Depuis cette date promo s'est passé pas mal de temps, Lana avait sortie son deuxième album "Ultraviolence" et grâce à ses tournées dans le monde entier elle a eu le temps de roder ses performances scéniques. C'était donc avec une a priori plutôt positif que j'attaquais ce concert de la chanteuse qui suscite tellement de controverses.

C'était pas simple de se frayer son chemin vers la grande scène parce que tout le monde voulait voir l'américaine. Certains par curiosité, d'autres juste pour se moquer d'elle après et le reste par amour pour sa musique. Elle était là avec son groupe étonnement rock (au moins par rapport aux disques assez doux) et jouait la diva de Hollywood triste, en manque d'amour. Un rôle qui lui collait à la peu, même si on en sait pas du tout si cela a un rapport avec sa vraie vie. Elle crée un mystère, se veut classe, mais aussi un brin vulgaire et bad girl. Un produit marketing, donc ? Hmm, c'est possible, mais elle chantait extrêmement juste en tout cas et ses tubes ("Ultraviolence", "Blue Jeans", "Summertime Sadness" et bien sur "Video Games") étaient juste imparables. Tout de suite le club de ses haters soupçonnait du playback, disait que c'était impossible pour elle de chanter aussi bien. Une attaque ultraviolente, probablement pas justifiée parce que les spécialistes voulaient bien admettre que les chœurs venaient d'une bande, mais affirmaient avec fermeté que le reste était du live.

Partons du fait qu'il n'y avait pas de playback (le doute profite à l'accusé), le concert était irréprochable en ce qui concerne la musique même (bémol sur les paroles assez cliché et bling bling parfois: " I want money, power, glory" ou "I'm a sad girl, I'm a bad girl") Après on peux bien sur discuter si c'était vraiment nécessaire de fumer d'une manière tellement ostentatoire, de jouer le rôle de la diva à mort jusqu'à en frôlant parfois le ridicule et de signer des autographes et poser avec ses fans pour des selfies pendant que ses musiciens continuaient à faire le clown sur scène à la dernière chanson.

P. S.: Apparemment la chanteuse a eu aussi froid comme nous car elle a annulé son concert ultra privé le lendemain au Trianon: "extinction de voix". Après tout ça c'est pas la fin de controverses pour Lana Rel Rey, ça c'est sur.

Stephen Malkmus & The Jicks:



Tous ceux qui avaient pris plaisir à voir Thurston Moore sur la même scène (Pression live) un peu plus tôt, étaient en grande partie également présents pour le concert solo du chanteur de Pavement. C'était quasiment le même public, des trentenaires et quadragénaires nostalgiques du rock us des années 90 et fans d'un son lo-fi et noisy joué avec la plus grande coolitude et nonchalance au monde. 

Le concert était bien et divertissant, mais court, surtout pour ceux qui comme moi venaient de loin (de la grande scène) après le concert de Lana Del Rey. Quel contraste ! La diva bling bling mainstream et le leader simple et attachant d'un grand groupe underground, vraiment pas grand chose à voir ces deux là !

La Roux

Ne perdant pas beaucoup de mots pour ce concert dont j'ai seulement vu les deux derniers morceaux (dont le tube "Bulletproof"). Le revival eighties éléctro à la Yazoo ou The Human League n'est vraiment pas ma tasse de thé et j'étais donc mal parti pour apprécier la prestation de La Roux qui surfe sur la vague de ce revival.

Queens Of The Stone Age 

Valeur sûre du rock depuis environ 15 ans, la machine à riffs ultra bien huilé de Josh Homme a tellement de confiance qu'ils ont eu le courage de jouer un de leurs tous meilleurs morceaux "No One Knows" en deuxième position. Ça veut tout dire.



 

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